JEAN-BAPTISTE BERNADET



   
 
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INTERVIEW 2009
(Semaines n° 14)
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(…) les éventualités du tableau...

Deux logiques conduisent Jean-Baptiste Bernadet Ariztia à peindre : la première est une application romantique de la création, celle-ci se traduit par le tableau et ses possibilités, la seconde est une volonté de prendre position, d'adopter une attitude.

Son travail, il le conceptualise : actes, résultats, leurs exploitations, leurs expositions, produisent leur propre dépassement. L’artiste va jusqu'à s’en dégager lui-même avec l’ironie d’un dandy : «tout les moyens sont bons pour faire de la peinture, jusqu’à ce qu’un tableau se tienne».

Il nomme la peinture, la démonte, la déconstruit, crée une fiction de ce qui est déjà une fiction: le tableau. Ainsi il ouvre sur un imaginaire qui se révèle au travers de l’emprunt d’une grammaire formelle connue et, ou reconnue, et de l’apposition de bribes de phrases et parfois de mots puisés le plus souvent dans les paroles de chansons
anglo-saxonnes. Celles-ci hors contextes apparaissent comme autant de sentences. Rapidement se dévoile un décalage entre l’image et la phrase, la pensée que l’on a
de l’image et la pensée que l’on a de la phrase.

Mais ne nous méprenons pas : motifs, couleurs, et mots sont pris à la fois pour ce qu’ils génèrent de premier degrés et pour ce qu’ils contiennent de perversions.
Chacun de ces éléments qui vont et viennent sans qu’il n’y ait un message ou un sens particulier crée une rupture dans le tableau, en même temps qu’il le lie. Ils deviennent structures d' expression : Viens, I've lost my illusion, I want muscles.

Chaque acte devient alors autant d’occasions de nommer la peinture pour ce qu’elle est intrinsèquement : couleur et forme, image et idée, tous produits de la pensée et tous fictionnels ou chimériques. Le tableau entre dans une errance, il devient flâneur.
Il se vit au présent de son exposition, et de sa lecture.


Yannick Courbès

in Semaine n° 26-05 vol2
Juin 2005
   
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