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NOW : SOLO SHOW AT MAES & MATTHYS ANTWERP, UNTIL MARCH 6 2010
WWW.MAESMATTHYS.BE

Trained as a painter, Jean-Baptiste Bernadet initially worked at the fringes of abstraction before introducing, in 2004, his first words in painting with the disillusioned sentence I have lost my Illusions. Drawing from the consciousness of loss, an extraordinary energy and creativity, this work inaugurates an extremely fertile series of painting of words. A pivotal painting, I have lost my Illusions, announces the prominent characteristics of Jean-Baptiste Bernadet’s recent work.
From the start, the choice of English language immediately raises doubts regarding the author’s sincerity. The meanings of Bernadet’s ready-made sentences oscillate between dramatic confidences and B-movie dialogues. This ambiguity between the touching authenticity of a personal revelation on the one hand, and the contempt for the commonplaces of communication and self-construction at the dawn of the twenty-first century, prevades the whole series of word paintings.
The French artist’s graphic style is more immediate and expressive, like the background on which words appear. Visible erasures, run-outs, garish colors, de-centered compositions or recycling of abandoned works which transparently appear under new creations, Bernadet’s painting expresses an extreme intensity, which I shall name, according to the artist’s own (painted) word of, “hhardor”.
Peintre de formation, Jean-Baptiste Bernadet a d’abord travaillé aux confins de l’abstraction avant d’introduire, en 2004, ses premiers mots en peinture avec la sentence désabusée I’ve Lost my Illusions. Tirant de la conscience du manque une énergie et une créativité extraordinaires, cette toile inaugure une série extrêmement fertile de peintures de mots.
Peinture charnière, I’ve Lost my Illusions annonce les traits saillants de son travail récent.
D’entrée de jeu, le choix de la langue anglaise sème le doute quant à la sincérité de son auteur. Phrases toutes faites, ready-made, le sens des phrases de l’artiste oscille entre la confidence dramatique et la réplique de série B. Cette ambiguité entre, d’une part, l’authenticité touchante d’un travail personnel et, d’autre part, la dérision des poncifs de la communication et de la construction de soi à l’aube du XXIè siècle, traverse l’ensemble de la série des peintures de mots.
Tout comme les fonds desquels les mots se détachent, l’écriture de Jean-Baptiste Bernadet est généralement immédiate et expressive. Ratures, coulures, couleurs criardes, compositions volontairement décentrées ou encore recyclage d’oeuvres abandonnées qui apparaissent en filigrane des nouvelles créations, la peinture manifeste une extrême intensité que je nommerai, selon le mot (peint) de l’artiste, « hhardeur ».
Devrim Bayar
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"Et, en fait, que reste-t-il à dire ? Eh bien, puisque cette petite péteuse de Remington m'oblige à ajouter une conclusion, je crois qu'en toute justice, je pourrais encore parler de ce qu'il faut faire pour que l'amour demeure.
Quand le mystère s'en va, l'amour s'en va. C'est aussi simple que ça. Et ça veut dire que l'amour n'est pas aussi important pour nous que le mystère. La relation amoureuse n'est peut-être qu'une façon pour nous d'entrer en contact avec le mystère, et nous voulons que l'amour demeure afin que le plaisir de cotoyer le mystère dure plus longtemps. Mais l'immobilité est contraire à la nature du mystère. Pourtant, il est toujours là, quelque part, un monde de l'autre coté du miroir (ou du paquet de Camel), une promesse dans le prochain sourire qui va éclairer un visage de rencontre. Nous ne le surprenons que quand nous restons immobiles.
La romance d'un jeune amour, la romance de la solitude, la romance des objets, la romance des pyramides et des étoiles sont autant de moyens d'entrer en contact avec le mystère. Que faut-il faire pour perpétuer le mystère ? Je n'ai vraiment aucun conseil à te donner. Mais ce que je peux faire, c'est te rappeler deux faits les plus importants que je connaisse :
1) Tout est dans tout.
2) Il n'est jamais trop tard pour avoir une enfance heureuse."
Mickey le Rouge, Tom Robbins, 1980
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"Parce que dans le contact d'une chair avec une autre chair il y a quelque chose qui abolit, qui coupe net et droit à travers les voies obliques et enchevêtrées de l'ordre et des convenances, quelque chose que connaissent les ennemis aussi bien que les amants car c'est ce qui les fait être tous les deux - ce contact réciproque de ce qui est la citadelle privée du Je-Suis central : non pas l'esprit, l'âme ; n'importe qui peut s'emparer de l'esprit lascif et débridé dans quelque corridor obscur de notre garni ici-bas. Mais que la chair touche la chair, et voici que disparaissent tous ces fragiles schibboleth de caste et aussi de couleur. "
Absalon, Absalon !, William Faulkner, 1936
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"Je me rappelle avoir pensé qu'on vit instant par instant et que tous ces moments se fondent les uns dans les autres
vers l'avant ou vers l'arrière, de sorte qu'on ne peut presque jamais en saisir un qui soit séparé des autres. Cette idée
m'est apparue comme une pierre précieuse que j'ai tenue entre mon pouce et mon index et que j'ai soulevée vers la
lumière du soleil, de telle façon que plein d'étincelles de lumière froide, bleue, blanche et dorée, en ont jailli."
Sous le règne de Bone, Russels Banks, Babel, 1995
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" C'était une fille d'environ vingt et un ans. Une petite mignonne d'une école mixte. Elle passe la nuit avec un homme marié.
Rentre chez elle le lendemain, et raconte tout à son papa et à sa maman. Ne me demande pas pourquoi. Peut-être simplement pour leur mettre le nez dedans. Ils décident de lui flanquer une bonne leçon. Toute la famille part en voiture dans le désert,
jusqu'à l'endroit que nous venons de passer. Tous les trois avec le chien de la fille. Papa ordonne à sa fille de creuser une petite tombe.
Maman se met à quatre pattes pour retenir le chien. Quand la fille a fini de creuser, papa lui colle un calibre 22 dans les mains et
lui dit d'abattre le chien. Scène de famille vraiment touchante. Ça ferait une belle illustration de calendrier d'étrennes,
pour un mouvement religieux. La fille applique le pistolet sur sa tempe et se tue. Là, n'est-ce pas une belle saloperie d'histoire
qui fait chaud au coeur ? Ça me redonne foi dans l'humanité.
- C'est bien le seul pays du monde qui ait une violence drôle, commentai-je.
- Et à ton avis, de quoi a-t-on accusé les parents ? Hein, à ton avis ? Allez, devine.
- Meurtre ?
- Meurtre, mon cul. Cruauté envers les animaux. Intention de tuer, mutiler ou blesser un foutu chien, ou menace d'être tué, mutilé ou blessé, ou préjudice annexe, pour ledit foutu chien. Ça m'en bouche un coin. Voilà le mort vivant de la fin."
Americana, Don De Lillo, ed. Actes Sud, 1971
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" Tom étudia soigneusement le visage du jeune homme, comme s'il y décelait quelque chose qu'il n'y avait jamais vu. Quand vous aimez quelqu'un pendant des années et des années, vous perdez la notion de ce à quoi il ressemble pour le reste du monde. Puis un jour, même si c'est douloureux, vous écartez cette personne de vous et brusquement vous l'apercevez comme un étranger la voit. Mais parce que vous savez sur elle bien davantage que ce qu'un étranger pourra jamais savoir, vous prenez peur pour elle, de la même façon que vous auriez peur pour vous-même si vous découvriez en vous - comme vous le voyez en elle - que vous n'êtes pas tout à fait comme il faut, que vous n'êtes pas vraiment adapté à la place que le monde a essayé de vous faire."
Trailer Park, Russel Banks, ed. Babel
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